Introduction
(Note to non-French speakers: I have included a translation feature on this site which will allow you to translate from French to English. It's halfway down the sidebar after the Flickr pictures and before the links section. Incredibly, the translation [at least for the introduction] is pretty good).
Depuis la chute de l’Union soviétique, le nationalisme russe est un sujet qui a beaucoup captivé et inquiété les observateurs de la Russie. Chaque jour, semble-t-il, on voit des articles qui suggèrent la résurgence des sentiments virulents nationalistes. Pour la plupart, ces articles caractérisent le nationalisme comme une influence maléfique, la manifestation actuelle d’un caractère russe agressif et chauviniste qui a perduré pendant les ères tsariste et soviétique jusqu’à nos jours, prêt à menacer l’Europe et les pays de l’ex-URSS. La tâche de bien comprendre le nationalisme russe n’est pas facilitée par les commentaires essentialistes des historiens de la Russie, qui proclament que « les Russes s’inclinent instinctivement à l’expansion et à son corollaire, le militarisme. » Ce genre de commentaire laisse échapper des détails plus fins des mouvements nationalistes en Russie qui peuvent éclaircir les perceptions sur ce phénomène mal compris. Bien que des mouvements nationalistes extrémistes, comme celui de Vladimir Jirinovski, soient bien connus pour leur xénophobie et leur insistance sur la supériorité de la Russie, il existe aussi des mouvements modérés nationalistes invoquant une identité civique et universaliste très différente du stéréotype chauviniste. Ce sujet est donc difficile à classifier : le nationalisme chauviniste peut encore représenter une menace réelle pour la stabilité de l’Europe de l’Est et pour le monde entier, mais si la Russie veut connaître la stabilité et la prospérité – en fait, échapper à son « sort douloureux » - un nationalisme bénin jouera un rôle important dans cette aspiration.
L’étendue de la question du nationalisme russe est bien vaste. Maints courants nationalistes ont existé dans l’histoire de la Russie, du mouvement Panslave aux Centaines Noirs au début du 20è siècle, jusqu’au nationalisme invoqué par Staline pendant la Seconde Guerre Mondiale. Chacune de ces formes de nationalisme mériterait un livre consacré à l’étude en profondeur de ses déterminants : de son contexte historique, des idées qui l’ont suscité, et un travail sociologique sur chaque groupe. L’objet de ce mémoire est d’examiner le nationalisme russe de nos jours, et de synthétiser ces méthodes d’interrogation en un seul cadre harmonieux et multidisciplinaire. Ce cadre nous permettra d’examiner la façon dont les déterminants historiques, sociologiques, et philosophiques ont formé et modulé le développement du nationalisme russe actuel. Ce mémoire tâche donc d’éclaircir le phénomène qu’est le nationalisme russe en évoquant les divers champs d’étude qui l’ont affecté. Ce travail semble être une bonne base pour un examen plus détaillé et plus vaste du nationalisme russe.
En ce qui concerne la question générale du nationalisme, il nous faut faire un travail préparatoire sur les idées sociologiques et anthropologiques de la formation des nations et de la connaissance nationale. Dans le premier chapitre, nous discuterons donc des controverses primaires de la question du nationalisme. Nous allons d’abord définir le nationalisme comme « ethnonationalisme », c’est-à-dire la fidélité à l’« ethnos » ou à la nation à laquelle on appartient. Suivant l’exemple de Max Weber et de Walker Connor, nous allons définir la nation comme étant le plus grand groupe qui se croit uni par des caractéristiques communes. Comme nous allons voir dans l’ultime chapitre, certains groupes utilisent des critères largement ou exclusivement ethnique pour déterminer l’appartenance à la nation alors que d’autres utilisent des critères plus civiques pour la délimiter.
Après avoir défini nos termes, nous allons aborder le débat fondamental pour les spécialistes du nationalisme : quel âge ont les nations? Il existe deux camps primaires dans ce débat, les primordialistes, qui croient que les nations ont des racines bien antiques et les modernistes qui maintiennent que la nation est un produit de la modernité et qu’elle ne peut pas exister dans un contexte préindustriel. En rejetant la perspective primordialiste, nous accepterons d’ailleurs la position dite « néo primordialiste » d’Anthony D. Smith, qui fait une synthèse des positions des deux camps. Smith accepte l’histoire de la formation de la nation soutenue par les modernistes mais réclame la nécessité d’un noyau culturel commun, fondé sur des « mythes constitutifs », pour que la nation puisse vraiment se concrétiser. Selon la théorie de Smith, il serait plus difficile de forger une nation avec des Japonais et des Autrichiens et leurs mythologies très différentes plutôt qu’avec des Prussiens et des Hessois. Comme nous le verrons, le contenu des mythes de la Russie est au premier plan du discours actuel nationaliste russe. Nous aborderons, à la fin de ce chapitre, la théorie du « nation building », le processus par lequel l’état s’intègre avec la société.
Ayant, dans le premier chapitre, créé la base méthodologique de notre examen du nationalisme, le deuxième chapitre appliquera cette idée de « nation building » dans son contexte historique. Nous examinerons l’histoire de l’état russe, en commençant avec ses origines au Moyen-Âge, pour voir le développement de l’état centralisé russe. Nous soutiendrons la thèse que ce processus de « nation building » n’eut pas vraiment lieu en Russie, et que, par conséquent celle-ci n’a jamais été une entité tel qu’un « état nation » comme les autres grands pays d’Europe. Les intérêts de l’état ont toujours prévalu sur des tentatives de créer une nation, et ces deux sphères de vie n’ont jamais fusionné comme ce fut le cas dans les pays d’Europe. De plus, des siècles d’expansion territoriale ont créé un pays fortement multiethnique où la réalité de cette diversité exigea certaines concessions aux groupes ethniques pour la maintenance et le fonctionnement de l’empire qui sapèrent une conscience nationale pour les russes. La Russie est restée donc un état multiethnique sans cohésion nationale : l’identité politique des Russes était séparée de leur identité culturelle ou ethnique, et le grand clivage entre les nobles et la masse paysanne a exclu la formation d’une vraie conscience nationale.
Bien que les Tsars n’aient pas particulièrement essayé d’inculquer une cohésion entre la nation et le société, ils ont quand même essayé d’inculquer quelques mythes constitutifs. Le mythe le plus important, mythe qui résonne toujours dans le discours nationaliste, est l’idée de puissance militaire et territoriale de la Russie. À partir du règne de Pierre I, ces idées furent souvent exploitées pour solidifier la position de l’Empire.
Même s’il n’y avait pas vraiment de « nation building » en Russie, l’idée d’une nation russe a bien existé. Pendant les Guerres Napoléoniennes, les nobles, fortement enracinés dans les traditions importées d’Europe, commencèrent à abandonner le mode de vie de leurs ennemis, les Français, pour s’intéresser à la tradition russe. Leurs expériences lors de ces guerres, où ils assistèrent au courage et à l’humanité de la paysannerie, les ont convaincus de la vertu et de la valeur des serfs. Pour la première fois, ils se sont vus comme faisant partie d’une même nation avec les paysans, même si tous ne partageront pas ce sentiment jusqu’à la fin du siècle. Avec un nouveau patriotisme et une nouvelle fierté nationale, certains commencèrent à rejeter les conventions et la culture en Europe, importées par Pierre Le Grand, et un grand débat sur l’identité russe et le rôle de la Russie s’est ouvert.
Dans le troisième chapitre, nous aborderons ces questions identitaires posées par l’intelligentsia pendant cette époque de ferment social. En particulier, nous allons examiner la pensée des Slavophiles, un groupe qui exalta les particularités de la Russie et décria les caractéristiques de l’Europe et de l’Occident. Fortement influencé par la philosophie Romantique allemande, ce groupe croyait que chaque pays possède une âme particulière. Selon eux, l’âme jeune et dynamique de la Russie fut supérieure à celle des vieux pays d’Europe qui furent corrompus par le matérialisme et le rationalisme qui naquit au Siècle des Lumières. Ils soutenaient un retour aux traditions rurales et communautaires de la Russie médiévale et le désengagement de la politique en faveur d’un règne d’un Tsar qui assumerait le « fardeau » du pouvoir politique.
Bien que ce mouvement philosophique ait eu lieu il y a presque deux cents ans et ne dura que pendant vingt, il exerce toujours une influence prépondérante sur le discours nationaliste. Les idées slavophiles ont subsisté dans le langage et les systèmes culturels des mouvements nationalistes. Pour les nationalistes, leurs mythes constitutifs de la Russie ont été empruntés aux idées des Slavophiles. Dans le dernier chapitre, nous verrons que les thèmes prévalant dans le discours slavophile demeurent plus ou moins intacts même s’ils sont communiqués maintenant d’une manière différente.
Enfin, nous allons conclure notre analyse avec l’examen du nationalisme russe de nos jours. Parce que l’étendue de ce phénomène est plutôt vaste, et pour mieux organiser notre analyse, nous allons diviser le nationalisme russe en catégories accessibles. Cette division nous aidera aussi à voir les différentes façons dont des influences distinctes ont affecté chaque courant du nationalisme.
En premier lieu, il y a le nationalisme extrémiste des « Nationaux-patriotes », caractérisé par le militarisme et une xénophobie virulente, et qui est faussement considéré comme étant le « vrai » nationalisme russe. Le nationalisme « étatiste » vise à la création d’un état fort comme dans l’ère Tsariste, mais à la différence des « Nationaux-patriotes » ils adhérent largement à une conception civique de la nation. La troisième catégorie est celle des « Nativistes », d’ardents chrétiens qui prônent l’orthodoxie et la simplicité de la vie paysanne pour effectuer la régénération morale de la Russie. Enfin, il y a un groupe nationaliste occidentaliste, qui, contrairement aux autres groupes, ne réclame aucune particularité de la nation russe mais rejette le passé impérialiste et tâche de forger une nation entièrement civique.
Comme notre tâche dans ce mémoire est de bien explorer les déterminants du nationalisme russe, nous ne ferons pas de vraie analyse sur ce phénomène dans le contexte politique de nos jours. Néanmoins, nous finirons par quelques mots sur la manière dont notre analyse peut éclaircir l’étude du nationalisme russe actuel.
Depuis la chute de l’Union soviétique, le nationalisme russe est un sujet qui a beaucoup captivé et inquiété les observateurs de la Russie. Chaque jour, semble-t-il, on voit des articles qui suggèrent la résurgence des sentiments virulents nationalistes. Pour la plupart, ces articles caractérisent le nationalisme comme une influence maléfique, la manifestation actuelle d’un caractère russe agressif et chauviniste qui a perduré pendant les ères tsariste et soviétique jusqu’à nos jours, prêt à menacer l’Europe et les pays de l’ex-URSS. La tâche de bien comprendre le nationalisme russe n’est pas facilitée par les commentaires essentialistes des historiens de la Russie, qui proclament que « les Russes s’inclinent instinctivement à l’expansion et à son corollaire, le militarisme. » Ce genre de commentaire laisse échapper des détails plus fins des mouvements nationalistes en Russie qui peuvent éclaircir les perceptions sur ce phénomène mal compris. Bien que des mouvements nationalistes extrémistes, comme celui de Vladimir Jirinovski, soient bien connus pour leur xénophobie et leur insistance sur la supériorité de la Russie, il existe aussi des mouvements modérés nationalistes invoquant une identité civique et universaliste très différente du stéréotype chauviniste. Ce sujet est donc difficile à classifier : le nationalisme chauviniste peut encore représenter une menace réelle pour la stabilité de l’Europe de l’Est et pour le monde entier, mais si la Russie veut connaître la stabilité et la prospérité – en fait, échapper à son « sort douloureux » - un nationalisme bénin jouera un rôle important dans cette aspiration.
L’étendue de la question du nationalisme russe est bien vaste. Maints courants nationalistes ont existé dans l’histoire de la Russie, du mouvement Panslave aux Centaines Noirs au début du 20è siècle, jusqu’au nationalisme invoqué par Staline pendant la Seconde Guerre Mondiale. Chacune de ces formes de nationalisme mériterait un livre consacré à l’étude en profondeur de ses déterminants : de son contexte historique, des idées qui l’ont suscité, et un travail sociologique sur chaque groupe. L’objet de ce mémoire est d’examiner le nationalisme russe de nos jours, et de synthétiser ces méthodes d’interrogation en un seul cadre harmonieux et multidisciplinaire. Ce cadre nous permettra d’examiner la façon dont les déterminants historiques, sociologiques, et philosophiques ont formé et modulé le développement du nationalisme russe actuel. Ce mémoire tâche donc d’éclaircir le phénomène qu’est le nationalisme russe en évoquant les divers champs d’étude qui l’ont affecté. Ce travail semble être une bonne base pour un examen plus détaillé et plus vaste du nationalisme russe.
En ce qui concerne la question générale du nationalisme, il nous faut faire un travail préparatoire sur les idées sociologiques et anthropologiques de la formation des nations et de la connaissance nationale. Dans le premier chapitre, nous discuterons donc des controverses primaires de la question du nationalisme. Nous allons d’abord définir le nationalisme comme « ethnonationalisme », c’est-à-dire la fidélité à l’« ethnos » ou à la nation à laquelle on appartient. Suivant l’exemple de Max Weber et de Walker Connor, nous allons définir la nation comme étant le plus grand groupe qui se croit uni par des caractéristiques communes. Comme nous allons voir dans l’ultime chapitre, certains groupes utilisent des critères largement ou exclusivement ethnique pour déterminer l’appartenance à la nation alors que d’autres utilisent des critères plus civiques pour la délimiter.
Après avoir défini nos termes, nous allons aborder le débat fondamental pour les spécialistes du nationalisme : quel âge ont les nations? Il existe deux camps primaires dans ce débat, les primordialistes, qui croient que les nations ont des racines bien antiques et les modernistes qui maintiennent que la nation est un produit de la modernité et qu’elle ne peut pas exister dans un contexte préindustriel. En rejetant la perspective primordialiste, nous accepterons d’ailleurs la position dite « néo primordialiste » d’Anthony D. Smith, qui fait une synthèse des positions des deux camps. Smith accepte l’histoire de la formation de la nation soutenue par les modernistes mais réclame la nécessité d’un noyau culturel commun, fondé sur des « mythes constitutifs », pour que la nation puisse vraiment se concrétiser. Selon la théorie de Smith, il serait plus difficile de forger une nation avec des Japonais et des Autrichiens et leurs mythologies très différentes plutôt qu’avec des Prussiens et des Hessois. Comme nous le verrons, le contenu des mythes de la Russie est au premier plan du discours actuel nationaliste russe. Nous aborderons, à la fin de ce chapitre, la théorie du « nation building », le processus par lequel l’état s’intègre avec la société.
Ayant, dans le premier chapitre, créé la base méthodologique de notre examen du nationalisme, le deuxième chapitre appliquera cette idée de « nation building » dans son contexte historique. Nous examinerons l’histoire de l’état russe, en commençant avec ses origines au Moyen-Âge, pour voir le développement de l’état centralisé russe. Nous soutiendrons la thèse que ce processus de « nation building » n’eut pas vraiment lieu en Russie, et que, par conséquent celle-ci n’a jamais été une entité tel qu’un « état nation » comme les autres grands pays d’Europe. Les intérêts de l’état ont toujours prévalu sur des tentatives de créer une nation, et ces deux sphères de vie n’ont jamais fusionné comme ce fut le cas dans les pays d’Europe. De plus, des siècles d’expansion territoriale ont créé un pays fortement multiethnique où la réalité de cette diversité exigea certaines concessions aux groupes ethniques pour la maintenance et le fonctionnement de l’empire qui sapèrent une conscience nationale pour les russes. La Russie est restée donc un état multiethnique sans cohésion nationale : l’identité politique des Russes était séparée de leur identité culturelle ou ethnique, et le grand clivage entre les nobles et la masse paysanne a exclu la formation d’une vraie conscience nationale.
Bien que les Tsars n’aient pas particulièrement essayé d’inculquer une cohésion entre la nation et le société, ils ont quand même essayé d’inculquer quelques mythes constitutifs. Le mythe le plus important, mythe qui résonne toujours dans le discours nationaliste, est l’idée de puissance militaire et territoriale de la Russie. À partir du règne de Pierre I, ces idées furent souvent exploitées pour solidifier la position de l’Empire.
Même s’il n’y avait pas vraiment de « nation building » en Russie, l’idée d’une nation russe a bien existé. Pendant les Guerres Napoléoniennes, les nobles, fortement enracinés dans les traditions importées d’Europe, commencèrent à abandonner le mode de vie de leurs ennemis, les Français, pour s’intéresser à la tradition russe. Leurs expériences lors de ces guerres, où ils assistèrent au courage et à l’humanité de la paysannerie, les ont convaincus de la vertu et de la valeur des serfs. Pour la première fois, ils se sont vus comme faisant partie d’une même nation avec les paysans, même si tous ne partageront pas ce sentiment jusqu’à la fin du siècle. Avec un nouveau patriotisme et une nouvelle fierté nationale, certains commencèrent à rejeter les conventions et la culture en Europe, importées par Pierre Le Grand, et un grand débat sur l’identité russe et le rôle de la Russie s’est ouvert.
Dans le troisième chapitre, nous aborderons ces questions identitaires posées par l’intelligentsia pendant cette époque de ferment social. En particulier, nous allons examiner la pensée des Slavophiles, un groupe qui exalta les particularités de la Russie et décria les caractéristiques de l’Europe et de l’Occident. Fortement influencé par la philosophie Romantique allemande, ce groupe croyait que chaque pays possède une âme particulière. Selon eux, l’âme jeune et dynamique de la Russie fut supérieure à celle des vieux pays d’Europe qui furent corrompus par le matérialisme et le rationalisme qui naquit au Siècle des Lumières. Ils soutenaient un retour aux traditions rurales et communautaires de la Russie médiévale et le désengagement de la politique en faveur d’un règne d’un Tsar qui assumerait le « fardeau » du pouvoir politique.
Bien que ce mouvement philosophique ait eu lieu il y a presque deux cents ans et ne dura que pendant vingt, il exerce toujours une influence prépondérante sur le discours nationaliste. Les idées slavophiles ont subsisté dans le langage et les systèmes culturels des mouvements nationalistes. Pour les nationalistes, leurs mythes constitutifs de la Russie ont été empruntés aux idées des Slavophiles. Dans le dernier chapitre, nous verrons que les thèmes prévalant dans le discours slavophile demeurent plus ou moins intacts même s’ils sont communiqués maintenant d’une manière différente.
Enfin, nous allons conclure notre analyse avec l’examen du nationalisme russe de nos jours. Parce que l’étendue de ce phénomène est plutôt vaste, et pour mieux organiser notre analyse, nous allons diviser le nationalisme russe en catégories accessibles. Cette division nous aidera aussi à voir les différentes façons dont des influences distinctes ont affecté chaque courant du nationalisme.
En premier lieu, il y a le nationalisme extrémiste des « Nationaux-patriotes », caractérisé par le militarisme et une xénophobie virulente, et qui est faussement considéré comme étant le « vrai » nationalisme russe. Le nationalisme « étatiste » vise à la création d’un état fort comme dans l’ère Tsariste, mais à la différence des « Nationaux-patriotes » ils adhérent largement à une conception civique de la nation. La troisième catégorie est celle des « Nativistes », d’ardents chrétiens qui prônent l’orthodoxie et la simplicité de la vie paysanne pour effectuer la régénération morale de la Russie. Enfin, il y a un groupe nationaliste occidentaliste, qui, contrairement aux autres groupes, ne réclame aucune particularité de la nation russe mais rejette le passé impérialiste et tâche de forger une nation entièrement civique.
Comme notre tâche dans ce mémoire est de bien explorer les déterminants du nationalisme russe, nous ne ferons pas de vraie analyse sur ce phénomène dans le contexte politique de nos jours. Néanmoins, nous finirons par quelques mots sur la manière dont notre analyse peut éclaircir l’étude du nationalisme russe actuel.

11 Comments:
Bravo! Will read it this weekend, hangover permitting.
F
Hey J,
My French is good, but not good enough to read 100 pages and understand everything. Didn't you write some chapters in English so you could have a copy in both lnaguages?
Ok, I just put in a Babelfish translator, just head down to the sidebar a bit until you hit the translation box and click on the UK flag. It does some funny stuff to the English on the rest of the website but the translation is actually pretty accurate. I can only imagine it is because of my clear and precise French prose.
Fedward Hyde needs no Babelfish. Somehow, maybe because it is not your mother-tongue, i found it quite smooth to follow.
Here are some observations, not meant as disses, at least not intentionally (explicitly would be better):
1) this thesis appears mostly descriptive as opposed to laying out some innovative thought. Unlessy this innovative procedure is this sort of neo-nationalism that separates itself from the zhirinovsky (spelling) brand that we've been fed with in recent years (not to mention uncle Vladimir's with his relentless pressure on the ex-satellites, as you mentioned briefly..though you were using the other, above-mentioned Vladdy)..
-Still, i find it hard associating "mal compris" and "moderate" with "nationalist" movements. i mean, then you're forced to put me, a ravid pro-america nationalist as a "moderate" which you'd agree is a bit hyperbolic.
I simply cannot reconcile russian nationalist (or any sort of "nationalist" in the orthodox definition) acquiescing to non-interference policy with their former colonies
3. there may be some typos amigo
As to typos: possibly but I doubt it. My French is better than yours and the French of the three French people who proofread it is better than mine.
As to the content of the paper, I freely admit that it doesn't really chart any new territory. I had to research and write both papers this summer and so I couldn't break much new ground. That said, it was never my intention to do that. I wanted to learn more about the background of Russian nationalism and the various influences that have chaped and moulded it, and in that I think that I have done a decent job.
As to your critiques of the content, I think you need to read the entire paper to be able to say anything. When I say that it is a misunderstood phenomenon, I meant that people conflate it all, as you seem to, with people like Zhirinovsky (or even Putin). My point is that, even though I think that Putin is relatively benign as far as nationalists go, there are also other types of nationalism in Russia that could be beneficial towards building stability.
As to the alleged contradiction in my calling you a nationalist and my terming certain forms of Russian nationalism as benign, read the second and third chapters. There are certainly kinds of nationalism which are entirely different from yours (probably aggressive statist). Nationalism is not always a bad thing. What I decry in yours is the strident jingoism that would align you with Zhirinovsky and Zyuganov. In an ideal world we would want westernizing nationalists to help solidify the creation of stable civic relations between society and state. As to your learned exposition on the Nativists, read a bit of Solzhenitsyn before you make a statement like that. Self assured bluster might work to impress girls in Singapore nightspots, but just asserting your opinion on something you know nothing about according to your preconceived notions isn't going to fly here.
Lastly, I don't understand what you mean. Because it isn't my mother tongue it was smooth to follow. Is this the old Kafka-writing-in-German thesis?
Uhm Julius, that time of the month? :: grin ::
If it's for personal knowledge sake then it's probably great. A memorable stone, know the feeling too.
Again though, other than bashing my style of nationalism by matching it with good 'Ol Gennady, you still havent' addressed (you probably do it in the paper, but it's rather unclear in the intro and your precedent reply) this sort of "misunderstood" and "moderate" Russian version.
What are examples of it*, and do we find analogous matches in other nations, do you have in mind something like the French's?
*I was being entirely sarcastic calling Vladimir a "moderate". I don't think rolling with tanks in Chechnya or trying to blatantly manipulate elections in the satellites classifies as such. you yourself state it being antithesis to this mysterous moderate nationalism
Re-reading your post, here's the point i wanna make:
"When I say that it is a misunderstood phenomenon, I meant that people conflate it all, as you seem to, with people like Zhirinovsky (or even Putin)."
That's probably because, as far as foreign policy is concerned, that's all that really matters due to its immensely dangerous scope.
Federico,
If I don't fully address it, remember that this is only the introduction, and it only outlines things in broad, sweeping strokes. But sorry to say I save it to the end of the paper, so if you care to read about it you will have to wade through the next hundred pages to sate your thirst.
Also, I do not think that "as far as foreign policy is concerned, [agressive nationalism] is all that really matters." The most extremist nationalists have almost no power these days: Zhirinovsky's triumph was just a blip on the radar. His electoral power and his appeal have steadily declined. Putin, it is true, is very relevant to foreign policy these days, but the relevance of the other types of nationalism in foreign policy is that it would be worthwhile trying to support such opposition movements, and that taking the knee-jerk hardline approach, stating that all nationalism is bad and should be eradicated, is a mistake. Yeltsin promoted a civic minded, non-chauvinist approach to nationalism. He asked questions of national identity and the role of Russia in the world, and took a peaceful, law abiding approach. Mainly people saw his reforms as doing more harm than good so that form of nationalism (westernizing) has lost sway in Russia, but that is not to say that it would come back in the future.
Oops, make that read: "that it would not come back in the future."
Fair enough and unfortunate. while smoother than I guess a native-speaker (maybe becasue you construct sentences in a way it's more natural for we english speakers) it still took me a bit longer than usual to read it. When we were living in Paris, Le Figaro (i don't read Le Monde, that filth), finance section, would take me longer.
Anyways, I guess i'll be awaiting for the LSE one to see some hardcore argumentation. :: rubbing hands in anticipation ::
Bien complet mais un peu ennuyeux !
J'ai besion d' autre chose pour un exposé!!
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